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Il y a 85 ans, «jeudi noir» à Wall Street

    • Mis à jour le 24/10/2014 à 11:17
    • Publié le 24/10/2014 à 11:00
Le «jeudi noir» à Wall Street vu par le journal italien <i>Illustrazione del popolo.</i>

C’ÉTAIT UN 24 OCTOBRE – Le jeudi 24 octobre 1929, la bulle spéculative américaine éclate. Le krach qui en résulte entraîne l’une des plus redoutables crises économiques de l’histoire.

Le jeudi 24 octobre 1929 au matin, un tumulte inhabituel règne au New York Stock Exchange (NYSE), l’une des plus importantes places boursières du monde. Loin d’être une simple effervescence, c’est un raz-de-marée de panique qui ébranle la place. Depuis l’ouverture de la Bourse, les détenteurs de titres ont assisté, incrédules, à un spectaculaire effondrement des cours. Ce «jeudi noir» va être le détonateur de la Grande Dépression, la plus grande crise économique du XXe siècle.

Le feu couvait à Wall Street depuis une décennie, fruit d’une confiance démesurée en la hausse des cours et du développement d’une bulle spéculative aggravée par le complexe système américain d’achat à crédit. Années de prospérité, les années 1920 sont celles de l’American way of life. Caractérisée par l’essor du consumérisme, elle provoque un recours massif au crédit. Mais la consommation reste cependant bien plus faible que la surproduction de l’époque. Parallèlement, de 1921 à 1929, les cours de la Bourse deviennent supérieurs à la production industrielle. Ainsi, les titres échangés voient leur valeur augmenter bien plus vite que les profits des entreprises, la production elle-même et enfin les salaires, ce qui entraîne une déconnection croissante entre la valeur boursière et la valeur réelle des actions et obligations échangées en bourse.

Les investisseurs ne cherchent alors qu’à acquérir ces titres afin de les revendre en touchant une plus-value importante, et n’hésitent pas pour cela à les acheter à crédit. Ce commerce s’effectue en grande partie grâce au système d’achat d’actions sur marge: un achat à crédit d’actions auprès d’agents de change, les brokers. Les spéculateurs peuvent acheter un titre avec un paiement -en liquide et au comptant- de seulement 10% de sa valeur. Le reste de celle-ci est une garantie mobilière constituée par d’autres titres boursiers. Les brokers assurent donc la différence monétaire au moyen de prêts bancaires. Jusqu’en 1929, la spéculation boursière ne cesse d’augmenter, avec une augmentation de 120% du cours des actions entre mars 1926 et octobre 1929. Attirés par l’aubaine, des millions d’Américains, toutes catégories sociales confondues, cherchent à s’enrichir en échangeant des titres.

Mais dès le début de l’année 1929, la bulle commence à se dégonfler avec une chute de la production automobile et des bénéfices industriels. Les signes annonciateurs de la catastrophe imminente ont lieu une semaine avant le «jeudi noir»: le marché boursier est déprimé, l’indice des valeurs se désagrège et les premières ventes massives de titres sont ordonnées les 18, 19 et 23 octobre. Le 24 octobre, ce sont plus de 13 millions de titres qui sont échangés. Faute d’acheteurs, les prix s’écroulent. A la fin de la matinée, le Dow Jones, principal indice boursier, a perdu 22,6% de sa valeur. L’affolement se répand: les rumeurs vont bon train et, bloqués par la police à l’extérieur du NYSE, des actionnaires provoquent une émeute en tentant de forcer les portes. Ruinés, plusieurs spéculateurs se suicident. A midi, réunies en catastrophe au siège de la banque JP Morgan & Co, les plus influentes banques new-yorkaises menées par Richard Withney, vice-président du NYSE, décident d’intervenir pour soutenir les cours. Leur entremise offre une accalmie de courte durée: les cours chutent à nouveau le lundi et s’effondrent le mardi 29 octobre, le «Black Monday», que le fameux économiste américain John Kenneth Gakbraith désignera comme le «jour dévastateur de toute l’histoire de la bourse de New York».

La crise boursière a ensuite un effet domino: les ventes d’action à perte ruinent les spéculateurs, incapables de rembourser les banques qui leur ont octroyé un prêt. Dans le même temps, paniqués, les clients de ces banques cherchent à récupérer toute leur épargne. Les établissements ne peuvent bien sûr faire face à ces demandes de retrait et une crise bancaire apparaît. Les nombreuses faillites de banques entraînent ensuite une contraction du crédit et, de là, une chute de la consommation, de l’investissement et de la production, qui s’accompagne de l’émergence d’un chômage de masse. Une crise économique se développe et se propage au reste du monde, affecté par le retrait des capitaux et la chute des importations américains.

Le krach boursier qui débute le jeudi 24 octobre 1929 plonge le monde occidental dans l’une des plus profondes crises économique de son histoire, avec à la clé de nombreuses conséquences. Pami elles, le développement du nationalisme économique et politique, particulièrement en Allemagne, qui préparera le terreau de la Deuxième Guerre mondiale.

http://www.lefigaro.fr/histoire/culture/2014/10/24/26003-20141024ARTFIG00105-il-y-a-85-ans-jeudi-noir-a-wall-street.php

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